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Canal « Mogho Naba » de Ouagadougou : En attendant l’aménagement, le calvaire des riverains

Le canal du Mogho Naba, ouvrage d’assainissement pluvial situé en plein centre de Ouagadougou, est en chantier depuis quelque temps, avec pour objectif d’améliorer le processus d’évacuation des eaux pluviales et ménagères. En attendant sa finalisation, constat sur le vécu des riverains.

Zone inondable. Voilà l’expression consacrée pour désigner les quartiers autour du canal du Mogho Naba et de bien d’autres dans la ville de Ouagadougou. En pleine saison des pluies, c’est la croix et la bannière pour les riverains du fait de l’envahissement par les eaux avec ses corollaires.

Cette zone abritant le canal du Mogho Naba est classée hautement inondable. En effet, selon les anciens schémas d’aménagement de la ville, la zone était destinée à abriter un barrage sur les sources du marigot Kadiogo, explique Boureima Kaboré, directeur général de l’Agence municipale des grands travaux (AMGT). La force anthropique a déjoué les pronostics. Concessions et infrastructures de commerce ont fait leur apparition le long du site. Au lieu d’un barrage, c’est plutôt un canal qui y a été construit. L’objectif étant de parvenir à évacuer les eaux pluviales et d’usage ménager. « En cas de pluie, la zone est impraticable », nous confie une riveraine.

Le monticule dressé pour barrer la route à l’eau dans la famille Ouédraogo

En sillonnant quelques points reliés au canal, l’on s’aperçoit que des dispositions sont prises par les riverains pour se tirer de la furie des eaux, dans l’espoir d’avoir des nuits calmes.

Dans certaines concessions du quartier « Gounghin Lalgporin », ex-secteur 8, les initiatives sont nombreuses. « Nous avons d’abord dû relever la bâtisse et les toitures des maisons », confie le vieux Ibrahima Ouédraogo, installé sur le site depuis les années 1970. En cas de fortes pluies, un tuyau sert à évacuer les eaux de la cour. A l’extérieur, un monticule, placé devant la concession, dévie les eaux de ruissellement. A ce jour, le vieil homme, avant de s’y installer, dit ignorer que ce site était classé inondable : « Lorsque nous arrivions sur les lieux, la zone était plutôt sèche », se défend-il. Néanmoins, il espère être soulagé après la finalisation des travaux d’aménagement du canal dont l’accord de financement a été signé depuis 2013.

Silence, on subit !

Sur les lieux, il n’y a pas que les habitants qui adoptent des initiatives pour se protéger. Les tenants de commerces également. L’un des plus grands commerces situés au pied du pont Kadiogo a également subi la furie des eaux lors des inondations de septembre 2009. Les faits sont lointains, mais pour autant les langues ne se délient pas lorsqu’il s’agit de témoigner sur les épisodes des inondations. L’Association des vendeurs de véhicules situés au pont Kadiogo (AVK), certainement pour des raisons commerciales, préfère garder le silence.

La décision d’adopter cette attitude aurait été prise au cours d’une assemblée générale réunissant tous les exploitants de la zone. Néanmoins, un membre de cette association nous indique une clôture construite le long du canal délimitant l’espace d’exploitation des vendeurs. Cette clôture est vue comme étant la solution aux inondations. Selon notre interlocuteur, Jean Paul Nikiema, président de l’Association des vendeurs de véhicules au pont Kadiogo (AVK), « depuis trois années, nous ne vivons plus d’inondation. A ce jour, notre projet phare consiste à renforcer la bâtisse de la cour ».

Boureima Kaboré, directeur général de l’agence municipale des grands travaux (AMGT)

Des travaux sont visibles dans la zone du canal, mais au ralenti. « Nous avons exigé de l’entreprise en charge des travaux qu’elle déploie des vigiles pour empêcher les enfants de venir s’amuser dans le canal ou aux abords du canal. Nous avons instruit l’entreprise de prendre toutes les mesures de sécurité car c’est un chantier qui a enregistré des morts de personnes par noyade », témoigne Boureima Kaboré.

Sur les rives du canal du Mogho naba, la pression humaine est également présente. « Le canal sert de dépotoir de marchandises impropres et d’aire de défécation ». D’où des déchets qui s’amoncèlent le long des allées, qui dégagent des odeurs nauséabondes et attirent des nuées de mouches vecteurs de maladies.

En attendant la fin de la construction du canal du Mogho Naba et de ses affluents à Gounghin Sud comprenant l’aménagement de trois zones inondables notamment la zone de Cissin, du lycée Universalis, de Rimkiéta et de Tanghin, les populations redoublent de vigilance, surtout face aux crues de la saison des pluies.

Mariam OUEDRAOGO
Lefaso.net

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